Minima sociaux : « Au RSA, tu ne peux rien faire »

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Minima sociaux : « Au RSA, tu ne peux rien faire »

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Depuis 30 ans, les politiques sociales sont guidées par l’idée que trop d’aide tuerait la volonté des personnes précaires de s’extraire de leur condition. Les associations dénoncent cette logique qui justifie le refus du gouvernement d'augmenter le RSA. Et si pour favoriser la sortie de la pauvreté, la solution était, au contraire, d’augmenter les minima sociaux ?
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Jeudi 1er octobre, le Secours Catholique et Aequitaz ont publié un rapport dans lequel ils défendent l’idée d’un revenu minimum garanti équivalent à 50% du revenu médian, soit 895 euros par mois. Ce filet de sécurité, inaliénable, garantirait à toute personne majeure, vivant en France en situation régulière, de ne pas basculer dans l’extrême pauvreté.

 

Article paru sur le site du Secours Catholique. Pour le lire, cliquez ici

Pendant quelques semaines, ils ont eu une lueur d’espoir. Depuis des années, des élus, des chercheurs ou encore des militants associatifs prônent une augmentation significative des minima sociaux. Et voilà que, soudainement, le confinement a mis en lumière les insuffisances de notre système de protection sociale qu’ils dénonçaient.

En l’espace de quelques jours, des centaines de milliers de ménages se sont retournées vers les associations caritatives et les collectivités territoriales pour solliciter une aide alimentaire ou financière. Affectés par une brutale perte de revenu ou une hausse de leurs dépenses, parfois les deux, ils venaient de basculer dans une situation d’extrême urgence.

Parmi ces personnes et familles, beaucoup d’allocataires de minima sociaux. La simple prise en charge au quotidien d’un repas supplémentaire pour leurs enfants, suite à la fermeture des cantines scolaires, a suffi à les mettre dans le rouge. Ce constat sans appel laissait espérer une inflexion de la part du pouvoir exécutif. Jusque-là, celui-ci avait toujours refusé d’envisager une hausse globale des prestations sociales pour lutter contre la pauvreté.

Mais cette ligne semblait prête à bouger. Contacté mi-avril par Résolutions, un haut fonctionnaire faisait état de notes internes à l’administration suggérant au gouvernement de débloquer des crédits en ce sens.

Six mois plus tard, la fenêtre qui s’était entrouverte au printemps s’est refermée. « On nous a dit qu’il n’y aurait aucune hausse des minima sociaux », confiait Véronique Fayet, la présidente du Secours Catholique, au sortir d’une rencontre, le 2 octobre, entre le Premier ministre, Jean Castex, et les représentants d’associations de lutte contre la pauvreté.

Interrogé sur le sujet lors d'une interview télévisée, le 14 octobre, le président de la République, Emmanuel Macron, a confirmé ce refus, et a annoncé une nouvelle aide exceptionnelle, de la même nature que celle versée au printemps.

Pour pallier l’insuffisance des prestations sociales pendant le confinement, le gouvernement avait opté pour une unique prime de 150 euros - majorée selon la composition du foyer – aux bénéficiaires du RSA, de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) et de l’aide au logement (APL).

Une mesure dérisoire, regrettent les associations, face à l’ampleur des difficultés structurelles rencontrées par ces ménages, qui vont bien au-delà de la conjoncture économique et sociale de ces derniers mois.

Le refus catégorique du gouvernement de prendre des mesures fortes de soutien au revenu n’est pas nouveau. Il est symptomatique de la peur de l’assistanat qui guide les politiques publiques depuis 30 ans en France. Une peur nourrie par de multiples préjugés sur les personnes en précarité.

Article paru sur le site du Secours Catholique. Pour le lire, cliquez ici