L'alimentation comme un droit

L'alimentation comme un droit

Chapo
« Pour un accès digne à une alimentation de qualité et durable »
Corps

Le Secours Catholique - Caritas France et AequitaZ se sont retrouvés en 2021 sur les enjeux d’accès à l’alimentation, sujet au cœur de l’actualité et révélé au moment de la crise Covid en 2020. L’alimentation est l’une des bases du "plancher social" 1, un besoin vital.

Avoir les moyens pour vivre passe par une part inconditionnelle, à savoir manger, dormir et se soigner. L’alimentation est un élément essentiel de la sécurité et protection des personnes et l’accès à une alimentation de qualité et durable est un droit fondamental.

C’est ainsi que ces deux associations ont font le pari d’une exploration citoyenne2 sur la question d’un accès digne - et donc choisi - à une alimentation durable et de qualité pour tous.

Nous sommes partis du rapport de chacun d’entre nous à l’alimentation, nous avons tenté d’identifier quels étaient les conditions d’accès et les facteurs de choix (et de non choix) de notre alimentation.
Nous avons essayé de comprendre comment nos aliments sont produits, transformés, distribués, jetés. Nous avons aussi tenté de comprendre l’histoire du système alimentaire et les contraintes et marges de manœuvre des paysans producteurs d’aliments.
Nous avons tenté de regarder ce que l’on devrait ou pouvait changer pour un accès à une alimentation choisie et de qualité pour tous, sans que cela produise de nouvelles injustices, aussi bien pour nous que pour les paysans.
Enfin, penser un droit à une alimentation de qualité et durable suppose de dépasser les tensions entre justice sociale et objectifs de transformation écologique.

Nous présentons ici les résultats de cette réflexion collective. Nous avons chois de les organiser en trois grands blocs :

Pour réfléchir et de proposer des pistes d’action pour un accès digne à une alimentation durable et de qualité pour tous, nous avons travaillé à partir de nos parcours et nos expériences de vie.
Ce travail a montré combien il était impossible de séparer l’alimentation du reste de nos vies. Nos parcours personnels, nos conditions de vie, nos relations sociales, notre revenu, la possibilité d’accès à l’alimentation sont des facteurs importants qui jouent fortement sur les contraintes et des choix alimentaires. Regarder et partager les parcours alimentaires des uns et des autres a été une façon de repérer ce qui impacte sur nos choix et habitudes alimentaires.

De cette analyse, à partir des vies, nous en tirons deux conclusions fortes : des stratégies alimentaires fines, et l’alimentation comme variable d’ajustement dans les stratégies de vie des personnes en situation de précarité.

Travailler sur les leviers possibles de changement – pour une alimentation de qualité pour tous - suppose aussi de regarder plus large que nos propres vies. Cela demande de comprendre le contexte, le système alimentaire dans lequel on est inséré – et tel qu’il s’est développé- , qui « détermine » l’offre alimentaire à laquelle chacun peut avoir accès.

Pour répondre à la fois au droit vital à une alimentation de qualité (« le plancher social »), et aux enjeux environnementaux de préservation de la planète (le « plafond environnemental »), il est est nécessaire d’agir aussi sur le système. Seule une augmentation des revenus n’est pas suffisante.

Nous nous sommes aperçu qu'il y avait trois injustices qui se superposent et contre lesquelles il faut lutter conjointement : L'injustice de ceux qui ne mangent pas à leur faim, l’injustice de ne pas pouvoir choisir son alimentation, et l'injustice de vivre dans un système agro-alimentaire qui est mauvais pour tout le monde et pour la planète.

 

Ce travail a permis de construire des outils pour comprendre et identifier où agir : ils sont présentés dans le rapport de synthèse de cette réflexion collective

Il a également alimenté la démarche Territoires à VivreS et le guide « Se mobiliser avec les personnes en précarité, pour un accès une alimentation choisie et de qualité »

 

 

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1 L’idée de « plancher social » est issue de la théorie du Doughnut, développée par Kate Raworth. Son objectif est « d’allier les enjeux de justice sociale aux enjeux environnementaux, pour orienter l’économie en faveur d’un développement durable et juste », « un espace juste et sûr pour l’humanité », entre plancher sociale et plafond environnemental.

2 Cette exploration a pris la forme d’un Carrefour de Savoirs, avec une attention particulière aux savoirs et à l'expérience concrète des personnes qui sont en bas de l’échelle sociale. Ce carrefour a été mené entre novembre 2021 et mai 2022. Il était constitué d’une vingtaine de personnes, une grande part habitant en Nord Picardie et membres des groupes du Secours Catholique – Caritas France de Soissons, Albert et Saint Quentin, avec la participation des partenaires Chrétiens en monde rural (CMR), Solidarités Paysans et ATD Quart-Monde.